Cleantechs : l’Europe doit se donner les moyens de réussir
À quelques jours de la révision de son Pacte vert, la politique industrielle de l’UE en faveur des « cleantechs » a besoin d’une sérieuse mise à niveau, et un échec de l’Europe n’est pas une option.
Les saillies de Donald Trump sur les énergies fossiles ne doivent pas occulter une évidence : la course aux « cleantechs » est lancée entre les États-Unis et la Chine. Pas pour réduire les émissions de CO2. Mais pour soutenir la production de pompes à chaleur, de turbines éoliennes, de panneaux photovoltaïques et de batteries électriques. Améliorer la compétitivité. Assurer la résilience économique et la souveraineté énergétique. Et dans cette course, l’Union européenne, très en retard, est confrontée à au moins trois désavantages : des coûts énergétiques et salariaux plus élevés ; un environnement d’investissement moins dynamique ; et les impacts de l’Inflation Reduction Act américain et du Made in China 2025.
La Commission européenne doit publier le 26 février un « Pacte pour une industrie propre » (Clean Industrial Deal). Il doit s’attaquer simultanément à plusieurs des défis majeurs de l’Union : la prospérité, nouvelle boussole de l’exécutif européen ; la compétitivité, en stimulant la fabrication des cleantechs ; la sécurité énergétique ; et la décarbonation du secteur industriel. Mais dans la course aux technologies propres, l’Europe, prise en étau entre Donald Trump et Xi Jinping, et très dépendante énergétiquement de Vladimir Poutine, n’a pas le choix : elle doit finir dans les temps.
Industrie propre
Disons-le sans fard : la politique industrielle de l’UE en faveur des cleantechs a besoin d’une sérieuse mise à niveau. Plutôt que d’une politique industrielle, l’Europe dispose aujourd’hui d’un patchwork de politiques, accumulées au fil du temps, sans stratégie claire. Le financement public, essentiel, n’est pas correctement ciblé, ni même conçu pour répondre aux besoins du marché. Le plan industriel du Pacte vert de 2023, plus « industriel » que « vert », n’a pas fondamentalement amélioré cette situation.